Philippe Ordioni
Renaissances barOques
Ces portraits dits « barOques », qui étaient jadis habitués à voyager de festivals en galeries, à s’exposer au public et à briller sous les feux des rampes, connurent un jour l’affront du stockage. Enfermés dans ce qui avait été leur moyen de locomotion - une valise - ils patientèrent un temps indéfini serrés les uns contre les autres au fond d’un garage. Mais le drame ne devait pas s’arrêter là puisqu’ils assistèrent un jour, impuissants, à la montée des eaux.
Tous furent engloutis, abîmés…
Un mois plus tard, leurs démiurges découvrent le désastre. La peau des personnages, pigmentée par les champignons, se décolle par endroits et révèle des plaies béantes. La décomposition ronge déjà leurs corps stagnants dans ce long cauchemar : ils semblent à l’agonie.
Mais la vie et la mort ne leur sont pas des notions familières.
Les voici aujourd’hui métamorphosés, arborant fièrement les stigmates de leur histoire et plutôt vernis de se retrouver à nouveau au-devant de la scène.
Autant de portraits, autant de renaissances.




